LE VIEUX MOULIN DE POINTE-DU-LAC

Le moulin représenté sur cet émail sur cuivre est la version restaurée du deuxième moulin à farine actionné par l’eau du ruisseau (rivière) Saint-Charles et construit à Pointe-du-Lac, en banlieue de Trois-Rivières. Cet émail sur cuivre est mis en valeur dans un encadrement fait d’une moulure en métal et d’une marie-louise de velours noir.

Un premier moulin est construit par René Godefroy de Tonnancour (1669-1738). Celui qui est illustré ici, en remplacement du premier moulin, a été construit entre 1765 et 1788 par Louis-Joseph Godefroy de Tonnancour (1712-1784), le fils de René.

Le moulin à farine est demeuré la propriété de la famille Godefroy de Tonnancour, puis transmis à Thomas Coffin par son alliance à Marguerite Godefroy de Tonnancour, fille de Louis-Joseph, jusqu’en 1795, année où Nicolas (Nicholas) Montour (1756-1808) l’acquiert. Après le décès de celui-ci, son épouse, Geneviève Mills, qui habite à Québec, décide de venir s’installer à Pointe-du-Lac vers 1810. Elle demeure propriétaire du moulin jusqu’à son décès en 1832. La seigneurie et son moulin reviennent à sa fille, Julie-Éliza Montour, puis à son gendre, Charles-Christophe Malhiot (1808-1874), médecin, au décès de Julie en 1865.

À la fin du XIXe siècle, le site se développe; d’autres commerces, ateliers ou petites manufactures s’installent autour. Le village prend de l’expansion.

En 1927, le moulin est vendu aux Frères de l’instruction chrétienne, qui vivent sur le domaine depuis 1911. Le moulin cesse ses activités au début des années 1960.

En 1973, on assiste à la fondation de la Corporation du Moulin seigneurial de Pointe-du-Lac inc. qui vise à rénover le moulin et à y tenir des activités pédagogiques et touristiques. Des restaurations importantes au moulin sont réalisées entre 1978 et 1980 à des coûts qui dépassent les 350 000 $.

Bien que le ministre des Affaires culturelles classe le moulin en 1975, tout l’ensemble rappelant ce site industriel du XVIII et XIXe siècle n’est officiellement dûment classé qu’en 2006.

Quant à l’artiste, Mariette Cheney, elle nait à Cap-de-la-Madeleine vers 1923 au sein d’une famille nombreuse. Très jeune, elle est attirée par les arts sous toutes ses formes : musique, sculpture, théâtre, dessin, etc.

Lorsqu’elle s’initie à l’art de l’émail, entre autres auprès de Thérèse Brassard, Mariette Cheney est séduite par ce médium. Cet art devient pour elle un moyen d’expression lui permettant d’allier talent et sensibilité, intensité et dynamisme ainsi que minutie et créativité.

Ses liens avec le moulin des Tonnancour se tissent lorsqu’elle obtient des frères l’autorisation de s’installer à demeure dans le logement du meunier. Elle déménage de son appartement situé au centre-ville de Trois-Rivières sur la rue Bonaventure, vend ses meubles pour avoir un peu de sous pour payer les ouvriers qu’elle engage pour retaper un peu le logement laissé à l’abandon depuis près de 15 ans.

En 1973, elle entame cette nouvelle vie de « châtelaine » des lieux. En réalité, la corporation lui confie le mandat de directrice du moulin seigneurial, poste qu’elle occupe jusqu’en 1988. Elle continue néanmoins d’habiter le moulin jusqu’à ce que, peu de temps avant son décès, une hospitalisation l’oblige à le quitter. Elle décède au début du mois de mars 2013.

Collection Musée Pierre-Boucher
1987 1034 P

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